ARCHITECTURE ET MATERIAUX Kaynak : 01.03.1989 - Centre Infobatir 30éme Anniversaire 1959-1989 | Yazdır

Il aurait manqué un volet à ce colloque si les matériaux, thème premier, n’avaient été considérés que sous l’angle de leur diffusion (le marché unique, le design) et de leurs propriétés (l’utilisation) structurelle, la maîtrise de l’énergie).

Avec le Président de l’Union Internationale des Centres du Bâtiment, Dogan Hasol, Architecte, c’est leur finalité, en quelque sorte, qui allait être évoquée.

Son propos sur «l’architecture et les matériaux » conduisait de l’argile, de la pierre et du bois jusqu’au béton armé et au métal, soulignant au passage l’évolution des styles et des techniques mais aussi établissant d’étonnants parallèles entre des choix faits, hier et aujourd’hui, aux quatre du monde.

Dans ce véritable cours magistral, illustré par une remarquable série de diapositives ,Dogan Hasol a ainsi évoqué l’Egypte et ses tombes ; la Grèce et ses temples ; Rome, ses amphithéâtres, ses thermes et ses aqueducs ; le Moyen-Age et ses églises ; la Renaissance et ses Palais ; le 19ème siècle et ses immeubles de rapport : le 20ème siècle, ses usines, ses gares et ses grands ensembles mais aussi la rénovation en Turquie ou encore au Pakistan, les constructions lacustres aux Philippines, l’aéroport de Djeddah, l’Opéra de Sydney et bien d’autres escales dans ce qui fut un véritable tour du monde de l’architecture.

Jusqu’à la seconde moitié du 19ème siècle, remarque le Président de l’U.I.C.B., les matériaux utilisés sont restés pratiquement les mêmes, les techniques ont relativement peu évolué (après qu’aient été inventés la voûte, les arcs et les contreforts) et les formes sont restées les mêmes. Bien sûr, nous résumons.

Au contraire, avec l’apparition de l’acier et du béton armé, c’est l’éclosion de formes nouvelles, permises par la légèreté de l’un et la résistance de l’autre ; c’est la naissance de l’architecture moderne et c’est aussi son « extension » à l’habitat.

Dogan Hasol retient quelques dates et notamment : 1850 et le Crystal Palace de Londres ; 1860 et les premiers éléments préfabriqués en fonte ; 1889 et Gustave Eiffel ; 1890 et le béton armé pour le toit de l’église Saint-Jean de Montmartre ; 1930 et le Corbusier lançant l’idée de l’industrialisation qui sera mise en œuvre après la guerre.

La suite, c’est le béton précontraint, postcontraint ; les voiles minces.

C’est enfin l’utilisation chaque jour plus large de l’aluminium, du verre, du plastique et maintenant du textile.

La diversité des matériaux et des techniques, qui a ainsi permis la création et le développement de l’architecture du 20ème siècle, offre aujourd’hui des possibilités de conception presque infinies, aussi bien pour les structures que pour les détails.

Mais cette médaille a son revers : la nécessité pour l’architecte de toujours mieux connaître les caractéristiques et les limites de ces matériaux et techniques.

Aussi, conclut Dogan Hasol, si l’architecte demeure celui qui peut maintenir la liaison entre des domaines spécialisés, c’est dans un travail d’équipe qu’il pourra répondre à l’ampleur des programmes et à la complexité croissante des servitudes et des équipements.